Société Belge d’Anesthésie et de Réanimation

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Société Belge d’Anesthésie et de Réanimation

Questionnaire Allergique


 

 

Collaboration APSAR: Safety first

Deuxième partie: Les recommendations pour la sécurité en anesthésie

TITRE I : L’ORGANISATION GENERALE

2.01 L’anesthésiologiste participe activement à l’élaboration du programme opératoire. L’intérêt du malade y est primordial.

2.02 L’anesthésiologiste fait en sorte que les activités chirurgicales soient réparties de façon homogène sur l’ensemble des heures ouvrables afin d’utiliser au mieux les anesthésiologistes ; les infirmières et le bloc opératoire.

2.03 L’anesthésiologiste consacre à l’induction et au réveil de l’anesthésie le temps nécessaire.

TITRE II : L’EXAMEN PREOPERATOIRE

2.04 L’examen préopératoire du patient et la consultation de son dossier sont essentiels. Un plan pour l’anesthésie est ensuite établi en tenant compte des problèmes du patient et de ses besoins spécifiques.

2.05 En conséquence, l’anesthésiologiste doit être informé du programme des chirurgiens. Cette information doit lui être communiquée en temps utile, au plus tard la veille de l’opération.

TITRE III : LES CONTROLES ELEMENTAIRES

2.06 Les contrôles élémentaires comportent :

  1. L’identité du patient : Avant de commencer, l’anesthésiologiste vérifie l’identité du patient, l’opération prévue et le côté, le cas échéant. Ce contrôle, effectué par l’anesthésiologiste, ne décharge en rien le chirurgien de ses propres responsabilités pour le même contrôle.
  2. Les médicaments : L’anesthésiologiste lit l’étiquetage de chaque médicament, avant de l’aspirer dans une seringue. Si l’anesthésiologiste est habillé stérilement, le médicament lui est présenté de façon telle qu’il puisse en lire l’étiquette.
  3. Les seringues : Chaque seringue est munie d’une étiquette indiquant le nom du médicament et si possible sa concentration. Un système national d’étiquetage est utilisé.
  4. Les solutions de perfusion : Tout sac de perfusion auquel un médicament a été ajouté, est muni d’une étiquette bien visible renseignant sur la nature de l’addition effectuée.
  5. Les transfusions : Pour tous les produits en provenance de la banque de sang et qui doivent être testés pour chaque patient, l’anesthésiologiste vérifie que leur compatibilité a bien été faite. Avant d’installer le produit de la banque de sang sur le système de perfusion du patient, l’anesthésiologiste note, sur le protocole utilisé, les références du groupe sanguin du patient et celles du sac de la banque de sang.
  6. L’équipement :
    • Avant de commencer le premier cas de la journée, l’anesthésiologiste vérifie l’équipement et remplit un formulaire (checklist) spécialement réalisé à cette fin.
    • Avant de commencer toute nouvelle anesthésie ou sédation, l’anesthésiologiste vérifie :
      • L’arrivée d’oxygène.
      • Les systèmes de ventilation artificielle, le matériel d’intubation et l’aspiration.
      • La présence sur le chariot d’anesthésie des médicaments d’urgence.
  7. L’oxygénation : Avant toute anesthésie générale, le patient est préoxygéné, sauf si cela est contre-indiqué, et il est vérifié que les effets du gaz inhalé sont bien ceux de l’oxygène et non du protoxyde d’azote.

TITRE IV : LA SURVEILLANCE PEROPERATOIRE

2.07 Dès l’induction de l’anesthésie et jusqu’au transfert du patient dans l’unité de soins de la post-anesthésie ou l’unité de soins intensifs, un anesthésiologiste surveille continuellement le patient, en restant à proximité immédiate de celui-ci. A intervalles réguliers, l’anesthésiologiste procède à l’évaluation de l’état et des besoins du patient, et adapte son anesthésie en conséquence, en faisant de celle-ci une technique taillée sur mesure.

2.08 Quand plusieurs anesthésiologistes sont simultanément affectés à l’anesthésie d’un patient, l’un d’entre eux est spécifiquement désigné pour conduire l’anesthésie et assumer la responsabilité de la sécurité du patient (3).

(3) Les inductions complexes engendrent facilement une certaine confusion

2.09 Sauf cas d’urgences vitales, les anesthésies simultanées sont interdites (par anesthésies simultanées, on définit l’administration simultanée de narcoses à plus d’un patient).
L’anesthésiste-réanimateur en charge du patient reste continuellement auprès de celui-ci. Si par exception à la règle définie ci-dessus l’anesthésiste-réanimateur est obligé de s’éloigner de son patient pendant un temps limité, il désignera une personne compétente qui assurera cette surveillance à l’exclusion de toute autre activité pendant son absence. La surveillance relève de la seule responsabilité de l'anesthésiste-réanimateur traitant.

2.10 Quand la responsabilité de l’anesthésie est transférée a un autre anesthésiologiste, celui-ci est mis au courant de toute information importante concernant le patient, la conduite de l’anesthésie et l’appareillage utilisé. L’état du patient et le fonctionnement des appareils sont vérifiés, avant et après, le transfert de responsabilité, et cela est noté sur le protocole d’anesthésie.

2.11 Quand le médecin en charge du patient est en formation, le degré de supervision, par un spécialiste qualifié, dont il a besoin, correspond à son niveau de compétence et à la complexité du cas.

2.12 L’examen clinique régulier du malade par l’anesthésiologiste reste primordial. Pour ce faire, le médecin anesthésiste garde un accès à, au moins, une petite partie du malade. Quand cet accès n’existe pas, les raisons en sont indiquées sur le protocole d’anesthésie. Quand un examen clinique n’est pas réalisable, le fait est noté sur le protocole d’anesthésie et les raisons en sont données.

2.13 Pour autant que cela soit techniquement possible, la surveillance clinique régulière du patient comporte l’observation :

  1. De la ventilation. L’auscultation pulmonaire est réalisée selon les besoins.
  2. De la circulation. Ceci comprend la palpation d’un pouls périphérique et l’auscultation des bruits du cœur selon les besoins.
  3. Des muqueuses et/ou le toucher de la peau, notamment aux extrémités.
  4. Du débit urinaire.
  5. Du champ opératoire.

2.14 Quand la position du malade est modifiée, l’anesthésiologiste procède à une vérification complète avant de laisser débuter l’opération, ou entamer la phase suivante.

TITRE V : LE TRANSPORT DU PATIENT

2.15 Après tout anesthésie générale, régionale majeure ou sédation, le transport des malades vers l’unité des soins de la post-anesthésie (USPA), ou l’unité de soins intensifs (USI), se fait sous couverture d’oxygène et sous le contrôle d’un oxymètre de pouls (SpO 2), fonctionnant sur batteries, pour autant que l’exigent les besoins du patient ou la durée du trajet.

TITRE VI : L’UNITE DE SOINS DE LA POST-ANESTHESIE (USPA)

2.16 Dans l’unité de soins de la post-anesthésie (USPA), la surveillance des malades est déléguée à des infirmières, spécialement formées et exclusivement affectées à l’USPA. Cependant, un anesthésiologiste est disponible à tout instant.

TITRE VII : LES PROTOCOLES D’ANESTHESIE

2.17 L’anesthésiologiste laisse une trace écrite de son action, en rédigeant, sur des formulaires appropriés, des rapports qui feront partie du dossier du patient. On y trouvera ainsi, les protocoles de la visite préopératoire, de l’anesthésie et de la post-anesthésie.

2.18 Tous ces documents sont clairs, complets, fiables et lisibles.

2.19 Toutes les données automatiquement enregistrées et imprimées par les appareils du monitoring sont considérées comme faisant partie des protocoles d’anesthésie et sont soigneusement conservées (4).

2.20 Il y a des circonstances où l’anesthésiologiste n’a matériellement pas le temps de remplir son protocole au fur et à mesure. Toutefois, la notation succincte des événements et temps clef aidera grandement l’anesthésiologiste à rédiger un rapport complet, une fois le calme revenu.

2.21 En cas de complications graves, le déroulement des faits est relaté avec la plus grande précision, sans allusion à une quelconque responsabilité éventuelle (5).

(4) L’enregistrement automatique des données du monitoring est fortement recommandé.
(5) Une situation similaire se rencontre dans les accidents de roulage.

TITRE VIII : LE CONTROLE DE LA QUALITE

2.22 Un rapport supplémentaire est rédigé dans tous les cas où les événements se sont déroulés de façon inattendue, et notamment quand ils ont failli nuire au malade ou que celui-ci en a réellement souffert.

2.23 Ces rapports, qui peuvent être archivés de manière totalement anonyme, sont analysés collégialement au sein du service d’anesthésiologie.

2.24 Le malade est vu en post-opératoire, par un anesthésiologiste, pour au moins connaître son degré de satisfaction ou d’insatisfaction, concernant l’anesthésie et les effets secondaires.

TITRE IX : LA FORMATION CONTINUE

2.25 L’anesthésiologiste suit un programme de formation continue et reçoit les attestations de participation. Ce programme implique la présence à des réunions, séminaires et cours aussi bien nationaux qu’internationaux. Il comprend également des périodes de pratique, d’au minimum une semaine, dans des services d’enseignement réputés.

2.26 L’anesthésiologiste se voit accorder les congés nécessaires pour lui permettre de suivre ce programme de formation continue. La direction de l’hôpital comprend et accepte que l’hôpital lui-même et finalement les malades sont les bénéficiaires de ce programme de formation continue.

2.27 La société scientifique mettra sur pied un système de crédits pour la participation au programme de formation continue.

 

 


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